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GOULLAGOULLIK, Nomadisme, encre de chine sur papier, 59x42cm, 2015

Printemps 2014, à l'occasion de leur premier projet d'architecture, Diogène grid Mattia_Pretolani & Grégoire Guex-Crosier posent les fondations de leur édifice théorique sur le nomadisme, l'informatique et la contemporanéité :

Mitra- matrice

-machina - Deus ex Machina.
L'assemblage des surfaces blanches, noir et de textures génèrent une grille déstructurée, ponctuée de textures organiques.

Ces textures permettent de lire simultanément un paysage territorial et la rugosité de la matière qui le compose: la roche.

À droite et à gauche, des totems arcaïques, comprimés dans des rectangles, cadrent le paysage. La géométrie de ces allégories est similaire à la grille.

(...) Un troisième aspect du voyage, alors tu me dis « nomade », oui. (...) mais c’est précisément parce que les nomades, c’est des gens qui voyagent pas. Ceux qui voyagent, c’est les émigrants, il peut y avoir des gens extrêmement respectables qui sont forcés de voyager. Les exilés, les immigrants, ça ça c’est un genre de voyage, alors, dont il est pas question de se moquer parce que c’est des voyages sacrés. C’est des voyages forcés, c’est des voyages… bon, ça très bien… Mais les nomades, ils ne voyagent pas, eux. Les nomades, au contraire, à la lettre, ils restent immobiles, c’est-à-dire, tous les spécialistes des nomades le disent, (...) parce qu’ils s’accrochent à leur terre. Leur terre devient déserte, et ils s’y accrochent. Ils peuvent que nomadiser dans leur terre. C’est à force de vouloir rester sur leur terre qu’ils nomadisent. Donc, dans un sens on peut dire : « Rien n’est plus immobile qu’un nomade. Rien ne voyage moins qu’un nomade. » (...)

Gilles_DELEUZE, Claire_PARNET & Pierre-André_BOUTANG, V comme Voyage, Les Caves du Majestic 1988 - 1996